Mois : mars 2023

  • Edito du 26 mars 2023

    Le passage vers la vie 

    Jésus cria d’une voix forte ; « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit… Beaucoup de juifs qui étaient venus et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui ». 

    La question de la foi qui est au cœur de cet évangile de la résurrection de Lazare est évidemment la question centrale du baptême. 

    Nous y serons invités au cours de la Vigile Pascale : nous devrons renouveler la profession de foi de notre baptême au Dieu Trinité, Père éternel, source de vie ; Fils unique égal au Père, envoyé en ce monde pour le salut des hommes ; Esprit de sainteté, Esprit d’amour qui construit le corps ecclésial à travers les siècles. 

    C’est le renouvellement de cette profession de foi que nous sommes invités à préparer par notre contemplation du Christ, la Résurrection et la Vie. 

    C’est le renouvellement de notre profession de foi en la capacité du Christ à nous délier de tout ce qui nous retient au
    tombeau. 

    C’est le renouvellement de notre profession de foi dans la puissance du Christ qui nous libère. 

    Telle est la question de confiance qui nous est posée par Dieu et par les hommes sur notre avenir : qu’allons-nous devenir ?

    Allons-nous devenir des morts ? Ou la foi nous introduit-elle pour toujours dans la vie ? « Celui qui croit en moi ne connaîtra pas la mort, même s’il meurt » ». 

    Et c’est cela la Pâque : le passage vers la vie. 

    Dieu, fais grandir notre foi en ton Fils ressuscité des morts pour que soit plus vive aussi l’espérance de notre propre
    résurrection et celle de nos défunts. 

    Père Anatole Dédégbé

  • Edito du 19 mars 2023

    Va te laver à la piscine de Siloé 

    Nous venons tout juste de passer la mi-carême et le printemps n’est plus loin au moins sur le calendrier des jours. 

    Il nous reste donc un peu de temps pour vivre ce carême si nous avions oublié de le faire. 

    Dans le carême il s’agit moins de faire des actions en plus et de vouloir arriver parfait le jour de Pâques mais plutôt de faire la vérité sur ce que nous sommes. 

    C’est là que nous rejoignent la mort et la résurrection du Seigneur. 

    La Journée du Pardon, la soirée paroissiale de rencontre et de prière et d’autres initiatives,  comme les trois panneaux dans notre église, sont là pour cela ainsi que les appels à la  solidarité et la méditation de la Parole de Dieu. 

    Ainsi ce dimanche nous sommes invités à méditer la rencontre de Jésus, avec un mendiant aveugle. 

    Un mendiant, qui est aveugle de naissance. 

    Il vit au bord d’une route. 

    Cela ne fait pas une belle carte de visite ! 

    Les gens le lui font sentir et le regardent de travers. 

    Pour cet aveugle le plus douloureux ce ne sont sans doute pas des conditions de vie matérielles médiocres mais ce regard des autres où il devine à travers telle ou telle réflexion saisie au vol un regard de suspicion et de jugement : s’il est comme cela c’est qu’il a péché
    lui ou ses parents ! 

    C’est un châtiment de Dieu ! 

    Mais voilà. Dieu ne raisonne pas comme nous. 

    Dieu a soif de nous et Jésus est passé par là. Il est attentif à tout et à tous et il repère ce pauvre homme aveugle. 

    Jésus entre en dialogue avec lui, écoute sa souffrance et son aspiration à vivre. Il lui barbouille les yeux et l’invite à aller se laver à la piscine de Siloé. 

    Mieux que cela, la relation que Jésus noue avec cet aveugle lui fait comprendre, à travers sa guérison, que Jésus vient lui partager une autre lumière : la lumière de la vie divine. 

    Quelque part dans ce carême, à un moment que nous ne pouvons prévoir, notre Dieu a rendez-vous avec chacun de nous et attend notre réponse, une réponse du fond du cœur et en vérité. 

    Alors comme nous y invite Saint Paul conduisons-nous en enfant de lumière. 

    Ainsi dit-il dans l’épitre aux Ephésiens la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité. 

    Sachons donc reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. 

    Un beau programme de carême. 

    Et si c’était nous qui disions aussi comme l’aveugle : Je crois Seigneur, tu es source de vie ! 

     Père Edouard Bois

  • Edito du 12 mars 2023

    Avons-nous conscience de l’immense soif de Dieu pour nous ? 

    Ce 3ème dimanche de carême, le thème qui traverse toutes les lectures est la vie divine apportée le Christ. 

    Dans l’Exode (17, 3-7), l’eau était déjà venue désaltérer le peuple accablé par la soif au désert. 

    Saint Paul, quant à lui, voit l’Esprit Saint répandu dans nos cœurs comme une source rafraichissante et bienfaisante. 

    Enfin, au 4ème chapitre de l’évangile de saint Jean, Jésus offre à la Samaritaine une eau  mystérieuse, « jaillissant en vie éternelle » (v.14). 

    Grâce à Jésus, la Samaritaine parcourt cet itinéraire, depuis le désert de mort jusqu’à la vie en plénitude. 

    Le Christ conduit la Samaritaine vers le désir de s’élever, d’adorer « en Esprit et en vérité » (v.24). 

    Le dialogue montre aussi la recherche intérieure de cette femme, animée par cette soif d’une véritable eau vive. 

    Comme pour la Samaritaine, Dieu veut répandre son Esprit en nos cœurs, obtenir de nous la foi comme réponse  confiante et nous donner la vie éternelle. 

    Le Seigneur connait notre faiblesse et nos existences blessées ; mais il n’arrête pas son attention sur nos seuls péchés, il vient les guérir. 

    Parallèlement, il existe un autre désir, bien plus profond, qui précède le nôtre de toute éternité : celui de Dieu. 

    Ce qui est premier, c’est la soif de Dieu pour tout homme qu’il a créé : il veut lui dire son amour, et être aimé en retour. 

    Jésus dit : « Donne-moi à boire » (v.10). 

    Tout ce passage témoigne de la patience du Christ pour obtenir la conversion de la Samaritaine. Jésus a soif de cette âme. Lorsque le Christ apparaîtra à Sainte Marguerite-Marie en 1673, il exprimera la même soif d’amour :

    « J’ai soif, d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement que cette soif me consume. » 

    Avons-nous conscience de cette immense soif de Dieu pour nous ? 

    C’est une perspective qui devrait changer notre prière. Dans son Testament spirituel, Mère Teresa exprime la même chose : « Jésus vous désire ardemment. 

    Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui.


    Il a soif de vous. Il vous aime en permanence, même quand vous ne vous en sentez pas dignes. » 

    Une des propositions du conseil pastoral pour ce carême est de faire l’expérience de l’adoration « qui poursuit en nous l’œuvre de la messe », comme le souligne le Pape François. Accueillons la grâce et laissons-nous transformer par le Christ présent dans l’Hostie consacrée. 

    Comme
    lors de la rencontre avec la Samaritaine, le Seigneur dit à chacun : « j’ai soif » et « je suis avec toi ».

    François LALAU
    Diacre

  • Edito du 5 mars 2023

    Que la montagne est belle ! 

    Que la montagne est belle ! Les bénéficiaires des récentes vacances d’hiver ont pu le constater malgré parfois le manque de neige. 

    Cela doit évoquer aussi, pour beaucoup encore, la célèbre chanson de Jean Ferrat. 

    Mais c’est aussi ce que peuvent penser les lecteurs de l’évangile de ce 2ème dimanche de carême avec le récit de la Transfiguration sur le Mont Thabor. 

    Jésus en effet invite ses trois plus proches, Pierre, Jacques et Jean, à y venir prier avec lui.

    Il ne s’agit pas là dans doute d’une montagne aussi haute que les nôtres mais quand même.

    Les pèlerins de Terre Sainte qui y montent pour commémorer ce qui s’y ait passé le savent bien. 

    Mais là-haut encore faut-il ne pas oublier que, peu de temps avant, Jésus a annoncé à ses proches ce qui allait lui arriver et que les chrétiens commémorent dans la Semaine Sainte. 

    Les apôtres sont sous le choc. 

    Nous serons là pour te protéger avait même dit Pierre avant de se faire remettre à sa place. 

    Le cadre de la Transfiguration fait partie du message que Jésus veut alors leur donner. 

    La montagne dans la Bible est un lieu symbolique des plus importants dans la tradition juive. Ainsi le mont Sion qui porte Jérusalem, la cité de David et le Sinaï sur lequel ont séjourné Moïse et Elie et où ont eu lieu les révélations que l’on sait. 

    Que Moise et Elie, représentants la Loi et les Prophètes, soient là au moment de la Transfiguration de Jésus confirme bien ce qu’il avait dit : je ne suis pas venu abolir la loi et l’enseignement des prophètes mais l’accomplir c’est-à-dire les réaliser. 

    C’est ce qui se passe et que nous méditons tout au long du carême où il s’agit moins de se regarder que de regarder Jésus un peu mieux et un peu plus vivre ce qu’il doit vivre pour notre salut. 

    La réaction de Pierre souligne son attachement à Jésus mais aussi qu’il a encore du chemin à faire spirituellement pour entrer dans la démarche de Jésus et accepter les événements qui s’annoncent. 

    « Celui-ci est mon Fils bien aimé écoutez-le » ces paroles adressées aux disciples s’adressent aussi à chacun de nous et particulièrement dans les événements difficiles personnels ou de
    société voir planétaires que nous pouvons vivre et qui font parfois aussi de nous des mal-croyants. 

    Tout homme est aimé de Dieu, tout homme est une histoire sacrée, tout homme est à l’image de Dieu. Tout homme a en lui cette lumière de Dieu qui peut transfigurer sa vie. 

    Oui que la montagne a dû être belle ! 

     Père Edouard Bois