Mois : novembre 2018

  • Edito du 1er dimanche de l’Avent, 2 décembre 2018

    C’est l’Avent…et après ?

     

    Noël, c’est dans trois semaines. Ce dimanche est le premier dimanche de l’Avent.

     

    L’atmosphère de la ville a déjà un avant-goût de fête malgré la multiplicité des mouvements sociaux et les récriminations commerciales qu’ils engendrent.

     

    Mais curieusement l’évangile de Saint Luc évoque la fin des temps et semble peu en harmonie avec la préparation de l’anniversaire d’une naissance, fut-elle celle du petit Jésus.

    C’est violent et surréaliste. « Il y aura des signes dans le ciel. Les nations seront désemparées… »

     

    Heureusement la 1ère lecture du livre de Jérémie semble plus dans l’ambiance du jour. « En ces jours-là Juda sera sauvé… »

    Mais peut-être après tout, les conseils que Jésus donne pour attendre son retour final valent-ils aussi pour se préparer à commémorer sa naissance en notre terre il y a plus de 2000 ans.

    Il faut ne pas oublier en effet, lorsque nous fêtons la naissance de Jésus, que nous connaissons la fin de l’histoire et le salut qu’il apporte à l’humanité.

    L’anniversaire d’une naissance au fil des ans, c’est différent du premier où chacun s’interroge sur ce que sera l’avenir de cet enfant. Ne faisons donc pas semblant à Noël de ne pas connaitre l’histoire.

     

    L’avertissement de Jésus ne vaut pas seulement pour la fin des temps mais pour l’aujourd’hui de nos vies quand nous fêtons sa naissance : « Tenez-vous sur vos gardes de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie… Restez éveillés et priez en tout temps. »

    En effet en notre temps les risques sont grands de la superficialité. « Nous sommes, dit un auteur spirituel, à une époque où vitesse et immédiateté priment, où la vie de beaucoup, y compris des enfants, est saturée d’activités multiples et alléchantes. Incessante surstimulation. Survoltage permanent. Eparpillement de nos êtres. Malheureusement ce que nous gagnons en étendue, nous le perdons souvent en profondeur. Nous ne prenons pas suffisamment le temps de nous asseoir avec nous-mêmes, de recueillir et méditer l’événement…nous arrêter pour enfin écouter. Laisser la musique du plus fin désir remonter à la surface de notre être. Accorder notre instrument avant de jouer… Nous taire une minute avant de parler, de répondre, d’entrer quelque part… »

     

    Que les paroles de Paul aux chrétiens de Thessalonique résonnent aussi comme un appel qui nous est adressé à vivre ce Noël en profondeur en sachant trouver les moments du silence et de la prière : « Frères que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes un amour de plus en plus intense et débordant… »

     

  • Edito de la Solennité du Christ Roi de l’univers, dimanche 25 novembre 2018

    Il est le Roi, le serviteur

     

     » Ma royauté ne vient pas de ce monde  » dit Jésus.

    Jésus n’est pas roi à la manière du monde. Tout l’évangile nous montre des attitudes du Christ diamétralement opposées à la façon de se comporter des rois.

    D’ailleurs, Jésus avait refusé ce titre lorsque les gens subjugués par ses paroles et ses actes voulaient le faire roi. Nous sommes une fois de plus devant l’ambiguïté des mots. La notion de roi n’est pas la même dans la bouche de Pilate et dans celle de Jésus.

     

    Pour Pilate, demander si Jésus est bien roi, c’est lui demander s’il va prendre la tête d’un pays avec son organisation et son armée. Jésus répond que s’il était roi de cette manière, des gardes armés l’auraient défendu.

    Après avoir dit que sa royauté n’était pas à la manière de ce monde, Jésus fait un lien entre sa royauté et le témoignage rendu à la vérité. Et il conclut : c’est ainsi que vous reconnaîtrez ma royauté, en écoutant ma voix qui vous révèle la vérité de Dieu et la vôtre.

     

    Ainsi, nous ne sommes plus dans le registre de la gloire, des honneurs, de la première place qui nous travaille si souvent, et même hélas, dans notre Église, mais dans le registre de cette recherche permanente de la vérité et de son accueil par notre relation avec le Christ Jésus.

     

    Sur la croix, Jésus est bien loin d’être reconnu comme roi. Notre Sauveur Jésus est un roi humilié et couronné d’épines, et le panneau placé au-dessus de sa tête, “Jésus de Nazareth Roi des juifs“ est d’abord là pour le tourner en dérision. C’est ainsi que Jésus n’attend pas qu’on se prosterne devant lui comme devant les grands de la terre, mais que nous nous tournions vers lui comme le malfaiteur de l’évangile, reconnaissant nos faiblesses, notre péché, mais en ayant une immense confiance en la puissance de sa miséricorde.

    Jésus exerce sa royauté en accueillant la petite parcelle d’amour et de vérité qui sortait de la bouche de ce brigand attaché à la croix à côté de lui. Et sa puissance de  » roi  » lui permet de dire au malfaiteur qu’il sera le jour même avec lui, Jésus, dans le Paradis. Il accueille aussi de la même manière la petite parcelle d’amour et de vérité qui habite notre propre cœur.

     

    Nous célébrons ce dimanche plusieurs étapes en vue du baptême. Au moment du baptême, aussitôt après l’immersion dans l’eau, il y a le beau rite de l’onction d’huile ou saint-chrême. L’onction est accompagnée d’une parole où il est dit au nouveau baptisé qu’il est associé au Christ dans sa triple fonction, sa triple responsabilité de roi, de prophète et de prêtre : roi, c’est-à-dire au service des hommes, prophète, c’est-à-dire au service de la vérité, et prêtre, c’est-à-dire au service de la prière, de l’action de grâce.