Mois : septembre 2017

  • Edito du 26ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 30 septembre 2018

    « Bonnet blanc ou blanc bonnet !

    A qui cela n’est-il jamais arrivé, enfant, de dire oui à ses parents et de n’en rien faire ?

    Cette parabole des deux fils au comportement opposé peut réveiller bien des souvenirs en nous.

    Elle est cependant plus qu’une gentille fable pour éveiller les enfants à la cohérence entre leurs paroles et leurs actes.

    Ne nous y trompons pas, c’est de tout autre chose qu’il s’agit ici.

    Pour le comprendre il faut resituer cette petite histoire dans son contexte au cœur de l’Evangile de Matthieu.

    Nous sommes au chapitre 21. La mission de Jésus est bien avancée.

    Jésus achève ici sa longue et dramatique marche vers Jérusalem, conscient de ce qui l’attend et que les apôtres ont bien du mal à admettre lorsqu’il le leur annonce et les met dans la confidence.

    Pensez donc : suivre un condamné à mort. On les comprend.

    Jésus est arrivé au bout de sa longue marche. Il se tient dans le Temple.

    Les dignitaires religieux lui demandent de se justifier encore une fois : au nom de qui   fais-tu tout cela,  dis-tu tout cela…jusqu’à venir dans le Temple dont nous sommes responsables.

    La question n’est pas illégitime mais Jésus y a déjà plusieurs fois répondu en particulier quand on l’accusait d’agir au nom de Belzébul et que sa famille inquiète voulait le ramener à la maison.

    Ici Jésus répond par le silence, refuse de se justifier une fois de plus et par là montre qu’il ne tient pas son autorité des hommes.

    Jésus sait qu’il met de l’huile sur le feu avec cette parabole et surtout avec la suivante, celle des vignerons homicides…que nous écouterons dimanche prochain.

    Mais la vérité l’exige.

    L’attitude de ces deux fils représente donc les deux attitudes que Jésus a rencontré tout au long de sa mission et de sa vie.

    Mais devant l’annonce du Royaume prêché par Jean Baptiste et Jésus, ceux qui se prétendent dépositaires de la Loi ne suivent pas l’appel à la conversion mais ceux qui en sont loin et sont rejetés par tous s’ouvrent finalement à l’annonce du Royaume et changent leur manière de vivre. Le petit Zachée en est un bon exemple.

    Alors pour nous quelles leçons tirer de cette parabole ?

    D’abord le Royaume est pour tous…Rendons grâce à Dieu de cette Bonne Nouvelle. Cela interroge mon regard sur les autres quels qu’ils soient.

    « Va travailler aujourd’hui à la vigne. »

    Chacun a un travail à faire sur lui-même pour entendre cette invitation : au plan de sa vie personnelle, familiale, sociale, professionnelle.

    Et puis, ce n’est pas négligeable, entendre aussi un appel à travailler à la vie de l’Eglise, la faire exister en prenant sa part de service plus ou moins important ou durable. Mais surtout bien sûr en suivant les conseils de Paul dans la manière d’être en lien les uns avec les autres. …. « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même mais des autres. Ayez entre vous les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ. »

     

  • Edito du 26ème dimanche du temps ordinaire, 24 septembre 2017

    « Ainsi les derniers seront premiers,  et les premiers seront derniers. »

    Bien qu’entendues maintes fois, certaines pages de l’évangile arrivent encore à nous surprendre.

    Ainsi en est-il de la parabole des ouvriers de la cinquième heure que nous entendons ce dimanche : n’y-a-t-il pas lieu d’être choqué par cette injustice flagrante qui consiste à payer de la même manière ceux qui ont peiné toute la journée et ceux qui n’ont travaillé qu’une heure ? Travailler plus sans gagner plus ! N’importe quel chef d’entreprise qui agirait de la sorte déclencherait automatiquement une grève, et serait dénoncé à l’inspection du travail.

    Le prophète Isaïe avait déjà compris que le Dieu de l’Alliance n’agit pas forcément selon la logique humaine : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur » (1ère lecture).

    Ce qui importe pour le Maître c’est de sortir, encore et encore, pour inviter inlassablement des ouvriers à travailler à sa vigne ; il ne prendra jamais son parti qu’un seul soit laissé pour compte. Et il ne fait pas de différence entre ceux qui sont appelés dès leur naissance et ceux qui ne le rencontreront qu’au terme de leur existence. Comme dans la parabole de l’enfant prodigue, le Père ne peut traiter différemment le fils retrouvé de celui qui a toujours travaillé à ses côtés. Et le bon larron sera invité comme les premiers apôtres à partager la vie du Christ dans le Royaume.

    « C’est pas juste » disent les enfants quand ils se sentent lésés par rapport à leur frère ou sœur. « Allez, vous aussi, à ma vigne. Je vous donnerai ce qui est juste » dit le Maître qui remettra à chacun la même pièce d’argent promise

    « Dieu ne sait pas compter », écrivait le P. Jean Noël Besançon.

    Laissons-nous transformer par la Parole de Dieu. Alors nous découvrirons un Dieu Père qui ne calcule pas parce que lui-même a tout donné, jusqu’à son Fils bien aimé. L’amour véritable fait sortir de la logique du donnant-donnant, de ce regard calculateur qui nous fait sans cesse nous comparer aux autres, pour entrer dans ce monde, de plus en plus incompréhensible pour nos contemporains, de la grâce et de la gratuité par amour.

     

    P. Luc de Saint Basile

     

     

  • Edito du 24ème dimanche ordinaire, 17 septembre 2017

    La dette de l’Amour

     En ce dimanche, la parabole que Jésus raconte en réponse à la question de Pierre  (combien de fois faut-il pardonner ?) nous est très connue.

    Elle fait partie des souvenirs de famille que les chrétiens retiennent précieusement en lisant les Evangiles.


    Pour autant elle n’est peut-être pas la parabole qui soulève le plus d’enthousiasme. Non que sa compréhension soit difficile. Mais parce que nous savons bien que le pardon (comme une dette à remettre) dont il s’agit ici n’est pas chose facile et constitue une réalité complexe inséparable de la justice et de la vérité.

    Pardonner n’est pas un pur élan affectif de générosité.

    Chacun a pu en faire l’expérience dans sa propre vie et ses relations.

    Jésus, ici, nous met au pied du mur c’est-à-dire devant nos responsabilités et l’évaluation de notre manière d’être et d’agir.

     

    La parabole décrit le jugement dernier : la miséricorde nous est promise à condition qu’en retour, à notre échelle, nous même pardonnions et fassions justice.

    La fine pointe de la parabole c’est d’attirer notre attention sur le fait qu’il n’y a pas de proportion entre le pardon de Dieu qui est compassion et le nôtre.

    Celui de Dieu est sans mesure. Le nôtre est limité mais décisif.

    Ce qui vaut pour la fin des temps vaut déjà pour aujourd’hui : les temps derniers sont déjà là. Ce sont ceux que nous vivons.

    Les sacrements le signifient.

    C’est d’abord de Dieu que nous sommes débiteurs. Le pardon sans limite peut déjà être reçu.

    C’est notre manière d’être aujourd’hui au regard du pardon qu’interroge cette parabole.

    Un ami prêtre africain, le père André, me disait : « J’ai l’habitude d’inviter les fidèles rassemblés pour les funérailles, au moment de l’absoute, à accorder leur pardon au défunt qu’ils ont connu et aimé, et de demander au défunt aussi d’accorder son pardon à ceux qui sont rassemblés autour de son corps, avant d’implorer la miséricorde de Dieu pour tous. »

    La mesure sans mesure de cet amour c’est le Christ qui en est l’étalon en s’engageant totalement jusqu’à pardonner au moment du supplice comme il l’a fait tout au long de sa mission palestinienne.

    L’amour de Dieu dont nous sommes redevables nous rend responsable et débiteur les uns des autres. Comme le dit Saint François de Sales « au soir de notre vie nous serons juger sur l’amour. »

     

    Père Edouard Bois

     

  • Edito du 10 septembre 2017, 23ème dimanche du temps ordinaire

    Je fais de toi un guetteur… » (Ez. 33,7)

    C’est reparti….

    Et même si on a envie de les prolonger, ces deux mois d’été restent un temps un peu exceptionnel (mais essentiel !) par rapport au reste de l’année.

     

    Chaque rentrée est l’occasion de nouvelles résolutions, de déménagements pour certains, de nouveaux projets qui s’élaborent.

    Avec le conseil pastoral nous avons pris le temps ce samedi de réfléchir aux projets à mettre en œuvre cette année pour que notre communauté chrétienne cherche à vivre toujours plus en disciple du Christ. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

     

    L’Evangile de ce jour est déjà plein de bons conseils de Jésus à son Eglise.

    Saint Matthieu, dans un long discours qui se poursuivra dimanche prochain, nous relate toute une série d’actions concrètes qui doivent réguler la vie de la future communauté chrétienne : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul… »

     

    Il ne faudrait pas minimiser ce passage par rapport à la belle profession de foi de Pierre qui précède ; de fait, c’est bien dans la pratique des relations quotidiennes que se vérifient les grands élans de foi.

     

    Mais aujourd’hui, dans notre société qui prône le respect de la liberté de chacun et la tolérance, la réception de ces conseils risque d’être mal perçue : au nom de quoi aurais-je le droit d’intervenir dans la vie de mon voisin ? “ Chacun son choix “ disons-nous couramment.

     

    La lecture d’Ezéchiel nous rappelle pourtant que nous portons tous une véritable responsabilité les uns par rapport aux autres ; comme le guetteur dans sa vigie autrefois devait rester éveillé pour prévenir les menaces, comme les forces de l’ordre aujourd’hui sont en éveil pour prévenir les attentats et permettre à chacun de vivre tranquillement sa vie, nous sommes tous dépendants les uns des autres ; mais comme nous le rappelle St. Paul dans la deuxième lecture, cela ne peut se concevoir que parce qu’on aime suffisamment pour vouloir d’abord le bonheur de l’autre.

     

    En ce début d’année scolaire où toutes nos activités redémarrent, entendons positivement cet appel à être des « guetteurs ». De qui, et avec qui, vais-je me sentir responsable cette année pour que ma foi ne soit pas qu’un bel élan du cœur, mais réellement une “foi en acte et vérité “ ?

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 3 septembre, 22ème dimanche du temps ordinaire

    “Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit… “ (Jr 20,7)

    Chaque rentrée scolaire est accompagnée de nouveautés, y compris dans nos assemblées paroissiales.

    Cette année nous avons la joie d’accueillir le P. Edouard Bois, prêtre du diocèse de Paris en retraite, qui sera résident sur notre paroisse et logera au presbytère, rue de la Nativité.

    Nous aurons aussi la chance de profiter du dynamisme de Sr Geneviève, Fille de la Charité de St Vinent de Paul, rattachée à la maison d’accueil St Vincent de L’Hay les Roses, qui a accepté de reprendre la coordination de l’aumônerie des jeunes de notre paroisse.

    Et il y a tous les visages nouveaux de ceux qui ont déménagé sur notre quartier cet été ; nous prendrons le temps de les accueillir à la fin de la messe de dimanche prochain.

    Certaines activités ne pourront malheureusement pas reprendre cette année : le café Pan Am, le soutien scolaire… D’autres sont en projet ; le Conseil Pastoral qui se retrouve pour sa session de rentrée samedi prochain est en train d’y réfléchir, et vous pouvez bien sûr leur communiquer vos attentes.

    Ce qui est sûr en tout cas, c’est que beaucoup de nos services, ainsi que je l’annonçais dans ma lettre avant les vacances, auront besoin de renforts : animateurs de chants, catéchèse, aumônerie, équipes de préparation au baptême et au mariage, etc…

    « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera » dit Jésus à ses disciples dans l’évangile d’aujourd’hui. Pour suivre le Christ il y a toujours quelque chose à perdre, mais c’est aussi pour découvrir une vie nouvelle.

    Et tout cela n’a finalement de sens que si nous entendons tous ces appels, non pas comme une invitation à prendre un engagement de plus, comme nous pourrions le faire dans n’importe quelle association, mais bien avec ce constat que faisait le prophète Jérémie, même au milieu des pires difficultés de sa mission : « Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. »